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Grace/Wastelands

Grace/Wastelands

Peter Doherty

par Parano le 19 mai 2009

3

paru le 16 mars 2009 (Capitol/EMI)

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Promis, on n’en parlera pas. La drogue, Kate Moss, la taule, tout ça tout ça. En même temps c’est difficile. Parce que la déchéance géniale, c’est un peu le fond de commerce de mister Doherty. L’icône du rock rimbaldien trimbale sa carcasse de poète maudit de groupe en groupe (Libertines, Babyshambles) et d’albums en albums, en quête d’une rédemption artistique sans cesse repoussée. Plutôt que de se faire amputer d’une jambe, remède quelque peu radical, Pete a donc décidé d’enregistrer des chansons. On ne saurait lui en tenir rigueur. On n’est pas sérieux quand on a trente ans.

Les sessions studio ont démarré en 2008. A Londres. C’est normal, après tout il est anglais. Il faut le préciser, car notre déraciné a longtemps hanté les troquets de Paname. Pas moyen de boire un panaché sans tomber sur l’ami de Carl Barat, une guitare à la main, une chanson à la bouche, une seringue dans le bras. Zut. Je l’ai dit. Ces chansons, rodées sur le pavé parisien, sont justement celles que Pete a voulu enregistrer. Avec l’aide de Graham Coxon à la guitare et Dot Allison au chant. Sans oublier quelques Babyshamble’s boys pour assurer la rythmique. Rien de neuf donc. Surtout pas pour les fans, qui connaissent son répertoire par cœur, et n’en peuvent plus d’attendre un véritable nouvel album. Pour l’occasion, Pete a acheté des tongs neuves, et a changé de nom. Désormais, c’est Peter. Rédemption, on vous dit.

Le disque est sorti le 16 mars 2009, c’est-à-dire le jour du match de NBA entre les Spurs et les Thunder. Aucun rapport. Peter n’aime pas le basket. Sur la pochette, un autocollant nous annonce que cet album est « incroyable ». Diantre. Fichtre. Le marketing est un ésotérisme. Reste l’essentiel. Les chansons. Et bien figurez-vous que cet album n’est pas mal du tout. Si si. Des comptines folk un brin jazzy, habitées par une voix hors du commun, et impeccablement mises en boîte par Stephen Street. De quoi séduire au-delà du sérail habituel, sans toutefois inquiéter le vieux Zimmerman. Dans la famille déglingue, Peter Doherty s’affirme comme une valeur sûre, un authentique talent. Rassuré, gonflé à bloc par un album sympa et accrocheur, on ne doute pas qu’il s’empressera de retrouver les tabloïds pour construire plus avant sa propre légende.



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Tracklisting :
 
1. Arcady (2’53")
2. Last of the English Roses (3’51")
3. 1939 Returning (3’10")
4. A Little Death Around the Eyes (3’32")
5. Salomè (3’14")
6. I Am the Rain (3’14")
7. Sweet by and By (3’05")
8. Palace of Bone (4’24")
9. Sheepskin Tearaway (2’43")
10. Broken Love Song (3’44")
11. New Love Grows on Trees (3’38")
12. Lady Don’t Fall Backwards (2’17")
 
Durée totale : 43’25"