Sur nos étagères
Groovies Greatest Grooves

Groovies Greatest Grooves

The Flamin’ Groovies

par Oh ! Deborah le 5 octobre 2009

4,5

Compilation parue en août 1989 (Sire Records) rééditée en 1996 (Warner)

Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer l'article Envoyer l'article par mail

Quand sort l’album Shake Some Action en 1976, les Flamin’ Groovies osent s’aventurer vers des contrées pop 60’s sans omettre l’énergie rock’n’roll dont ils ont toujours su faire preuve. Un enthousiasme nostalgique qui ne leur permet pas d’être plus qu’un petit groupe culte. Compilation des Groovies période Chris Wilson au chant, Groovies Greatest Grooves honore les meilleurs titres de cette « deuxième vie » ensoleillée et passionnée du groupe californien. Un best-of de cette trempe oblige un petit récapitulatif.

Les Flamin’ Groovies se rencontrent au lycée et débutent en 1965, pratiquant un rock blues-garage hargneux. Ambitieux, ils créent très jeunes leur propre label sur lequel ils publient un premier Ep en 1968. Alors que la vague psychédélique est une déferlante et que le Grateful Dead accueillera plus de 400 000 spectateurs au festival de Woodstock, les Flamin’Groovies regrettent encore les pionniers du rock’n’roll mais entendent faire connaître ceux du punk à San Fransisco, soit le MC5 et les Stooges, dont ils admirent le culot et l’énergie incendiaire. Amateur de rythm’n’blues, le chanteur Roy A. Loney va avec Cyril Jordan composer trois albums (Supersnazz, Flamingo, Teenage Head) dont bon nombre de chansons traduisent avant tout un amour des Rolling Stones. Mêlant boogie un peu crade et rock bluesy, les albums et surtout Teenage Head (album préféré des Stones à sa sortie) ont un grand succès critique mais peu commercial. Roy A. Loney se faisant virer en 1971 par Jordan, il se fera remplacer au chant par Chris Wilson dont le goût pour la pop de la fin des années 60 modifiera la lignée rock stylé fin 50’s-mid 60’s des Groovies. Le groupe commence en 1972 à faire des allers-retours entre San Francisco et Londres. Il donne beaucoup de concerts, change de personnel et rencontre le producteur britannique Dave Edmunds, lui aussi amoureux de pop anglaise. Les Groovies enregistrent quelques singles avec lui avant que l’album Shake Some Action ne sorte dans les bacs pour le plaisir des mélomanes adorateurs de pop mélodique et de rock traditionnel mais touchant. Le groupe ajoute alors les Beach Boys, les Byrds, les Who et surtout les Beatles à leur influences phares qui ornent ce somptueux Groovies Greatest Grooves tiré essentiellement des trois derniers albums du groupe : Shake Some Action (en 1976 donc), Flamin’ Groovies Now (1978) et Jumpin’ In The Night (1979). Seule Teenage Head (chantée par Loney), est issue de la première période des Flamin’Groovies et de l’album du même nom.

Si le groupe continue à donner obstinément dans les reprises des Stones puis des Byrds jusqu’à leur dernier album, Sire Records décida en 1989 de capturer les meilleurs moments réalisés par les Groovies eux-même. Quoiqu’on retrouve des reprises de Dylan, Beatles et Chuck Berry. Jordan devait être trop fan des autres et peut-être pas assez de lui-même, sans s’apercevoir que ça lui ferait de l’ombre. Sinon, il y a Slow Death (où l’on jurerait entendre les Stones) et la rockabilly Tallahassie Lassie (rappelant les Beatles de 63), toutes deux provenant d’un Ep de quatre titres enregistrés en 1972 chez Edmunds. « Dès l’instant où j’ai vu les Beatles jouer live, j’ai su que la musique allait devenir ma vie. Il n’y a rien qui puisse remplacer le fait d’être sur scène ou de faire un bon disque. C’est aussi simple que ça » affirmait Chris Wilson, le énième sur la liste des traumatisés par un concert. Mais ce n’est pas sans talent qu’il ressuscitera la mélodie. Car elle est bien la seule chose dans le rock qui ne doit pas mourir. Et quand elle parvient à rivaliser avec les plus belles des plus grands noms, ça force toujours le respect, que ce soit en 1967, comme en 1976 ou en 2008. Ajoutons à cela parfois un groove aussi efficace que sur un Sticky Fingers et on aurait affaire à un « classique de la compile ».

La chanson mythique des Flamin’Groovies, c’est Shake Some Action, ici en ouverture. Elle suffit à comprendre l’ampleur du phénomène power-pop face auquel on se trouve. Des guitares limpides et éclatantes pour des mélodies magiques. Comme l’innocente et indémodable You Tore Me Down, Shake Some Action révèle une parfaite mixture, alliant des couleurs chaudes et sudistes à une sorte de mélancolie à l’anglaise. Chantants, épiques, idéalistes, classes et humbles à la fois, la plupart de ces morceaux sont en fait de parfaits tubes en puissance, des célébrations qui ont du mal à cacher le regret d’une époque, et qui font comme si. Avec des airs à la The Mamas And The Papas en moins hippie. De l’entêtant Please Please Girl aux guitares cristallines de Yes It’s True, les chœurs typiques se doublent et la nostalgie grandit (I’ll Cry Alone). First Plane Home aux structures presque psychédéliques, et Between The Line, sublime chanson de pop éthérée, rappellent un Aftermath en plus étoffé. Sans oublier de revenir aux sources avec une phase rockabilly, reprise de Chuck Berry(Don’t You Lie To Me) ou country (Down Down Down).

Alors que le groupe met fin à sa carrière, Cyril Jordan et Georges Alexander, (bassiste initial du groupe), parviennent à sortir un dernier single en 1981 et présent ici, reprise de River Deep, Mountain High de Ike et Tina Turner, excellente même si la puissance pourtant grande ne peut atteindre les sommets de l’original, on s’en serait douté. Le défaut des Groovies étant de trop coller à leurs prédécesseurs, contentons nous simplement de savourer LEURS refrains imparables avec Groovies Greatest Grooves, dernière preuve (s’il en fallait une) qu’ils sont des artistes à part entière.



Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom



Tracklisting :
 
1- Shake Some Action (4:30)
2- Teenage Head (2:49)
3- Slow Death (4:21)
4- Tallahassee Lassie (2:19)
5- Yeah My Baby (3:54)
6- Yes, It’s True (2:29)
7- First Plane Home (3:49)
8- In the U.S.A. (3:18)
9- Between the Lines (4:12)
10- Don’t You Lie to Me (2:27)
11- You Tore Me Down (2:47)
12- I’ll Cry Alone (2:13)
13- Please Please Girl (2:01)
14- Down, Down, Down (2:37)
15- Yes I Am (2:25)
16- Teenage Confidential (2:44)
17- I Can’t Hide (3:12)
18- Absolutely Sweet Marie (3:13)
19- Don’t Put Me On (4:08)
20- I Saw Her (2:38)
21- All I Wanted (3:01)
22- Jumpin’ In The Night (3:23)
23- There’s A Place (1:51)
24- River Deep, Mountain High (4:00)
 
Durée totale : 70:21