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Passover

Passover

The Black Angels

par Fino le 3 mars 2008

4

Paru en avril 2006 (Light In The Attic Records)

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Soyons honnêtes : on a bien du mal à s’enthousiasmer pour la sortie de Passover, pour la simple et bonne raison que l’album a presque eu le temps de souffler les bougies de son deuxième anniversaire avant de se voir distribué dans nos contrées. Groupe au succès underground conséquent au pays de l’oncle Sam, les Texans des Black Angels avaient déjà atteint les oreilles d’une sérieuse base de fans en France. Sachons tout de même apprécier les bonnes choses : si l’emballage n’est plus étincelant de nouveauté, le contenu, à l’heure de l’annonce d’un successeur, tient toujours la dragée haute aux B.R.M.C. et autres Warlocks. Toute occasion d’en parler est donc bonne à prendre.

Si le groupe s’est vu baptiser après The Black Angel’s Death Song de l’incontournable Velvet Underground dans ce milieu, ce premier opus fait la part belle à une interprétation un brin moins minimaliste du sombre univers de Spacemen 3. La voix, lointaine et flottante, se fixe une hauteur en début de morceau et se permet peu d’oscillations autour de celle-ci, renforçant l’impression d’un instant que s’étire qu’inspirent les interminables lignes de guitare.

L’ensemble tisse un psychédélisme dénué de couleurs qui se détache d’une base mélodique très présente chez Bobby Hecksher et The Warlocks par exemple. A l’image de la pochette de ce premier album, le monde des Black Angels exploite, entre blanc (pour le bruit) et noir (pour le ton de l’univers) les contours, lignes et formes. Chaque instrument se choisit une trajectoire dont il n’exploite les variations que sur la durée. L’implacable rigueur de cette musique ne s’offre pour toute touche d’excentricité que la présence de-ci de-là d’une pointe de clavier ou de drones.

Le disque présente ainsi sur la durée de ces dix explorations ténébreuses (le thème de la guerre est récurrent, chose plutôt rare dans ce type de voyage halluciné) une homogénéité remarquable, sans tomber une seule fois dans l’ennui (pour la longueur des pistes) ou la redondance (pour le ton persistent des compositions). Certaines nappes, telles que Young Men Dead, Black Grease ou encore Bloodhounds On My Trail, se forgent sur un minimum d’agitation, là où des nombreuses autres succombent à la vitesse d’une montée d’héroïne dans des limbes aux contours élastiques (Empire, The First Vietnamese War...).

Les pistes elles-mêmes sont loin de constituer le point intéressant de Passover. The Black Angels offrent une vision, une ambiance avant tout. De cette plaine atmosphérique héritée de Pink Floyd (on appréciera le clin d’œil The Sniper At The Gates Of Heaven) dans laquelle une kyrielle de formations se promène aujourd’hui, le groupe d’Austin réussit à se souffler une vapeur bien à lui. Aux côtés de la puissance de leurs vagues lancinantes, cela produit un excellent premier album.



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Tracklisting :
 
1. Young Men Dead (5’32’’)
2. The First Vietnamese War (3’30’’)
3. The Sniper At The Gates Of Heaven (4’16’’)
4. The Prodigal Sun (4’22’’)
5. Black Grease (4’32’’)
6. Manipulation (5’49’’)
7. Empire (5’35’’)
8. Better Off Alone (3’03’’)
9. Bloodhgounds On My Trail (3’58’’)
10. Call To Arms (18’06’’)
 
Durée totale : 58’49’’