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Past Masters Volume Two

Past Masters Volume Two

The Beatles

par Vyvy le 9 octobre 2007

4,5

paru en 1988 (Apple Records / EMI)

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Résumé de l’épisode précédent : en 1988, le moment de ressortir les Beatles sur le joli support qu’est le compact disc est arrivé. De une, de deux, les albums du pays de sa gracieuse Majesté sont choisis (par opposition aux albums bizarres, allemands, français ou américains qui, encore aujourd’hui, squattent les box de vinyles de bon nombre de disquaires). Le problème est que tous les titres des Quatre Fabuleux ne sont pas sur ces albums, certains ornant singles et EPs, d’autres purement introuvables. Le format EP à perdu de sa fougue, et ressortir des singles à la pelle, bof bof. Naissent ainsi les compilations Past Masters Volume One et Volume Two.

Le Past Masters Volume Two commence en 1965 et se finit en 1970. S’il dure plus longtemps que le premier volume, c’est bien que les Beatles ont été plus prolifique que dans leurs premières années, notamment en ce qui concerne les singles.... Ici, pas de versions allemandes, mais du beau monde tout de même. Les Beatles en LP, ça a toujours été compliqué. En effet, nos liverpuldiens favoris n’aimaient pas, surtout en fin de vie, sortir sur l’album en cours les singles. Cela donnait, il est vrai une valeur suplémentaire au single, marché complètement mort aujourd’hui : qui encore de nos jours achète un CD 2 titres ? Le fait est que des titres phares tels que The Ballad Of John And Yoko (dix-septième et dernier number one britannique des Beatles !), ou bien le cultissime Hey Jude étaient omis des « vrais » albums. Fréquemment, les titres se retrouvaient sur des compilations, bien souvent américaines, que les petits britanniques se procuraient en import après.

Les compilations telles Hey Jude de 1970 (seulement 1979 au Royaume-Uni, en plein « phony Beatlemania is beaten to death »), Rarities, ou encore The Beatles 1967-1970 (l’album bleu) comblaient certaines de ces lacunes (pour Hey Jude le mélange des genres et des années était de mise, avec des singles du temps de A Hard Day’s Night mélangé aux plus récents hits). Mais ces compilations un peu bancales laissaient de côté des choses très intéressantes et le tout était terriblement éparpillé… Il était temps de faire le ménage, oui, de ranger tous ces titres solitaires et insolites dans une belle boîte unique. Nous voici donc avec l’ultime objet.

Le tracklisting est, il est vrai, particulièrement bien foutue. L’ordre (chronologique) nous permet de progresser dans le temps Beatlesien, de nous plonger dans cet air anglais (parfois bien teinté d’Inde comme avec le génial Inner Light d’Harrison, d’autant plus notable que c’est le premier single Beatles à être l’œuvre du guitariste). Bien sûr, certains des titres ont déjà été entendus ailleurs. Mais les versions sont rarement les mêmes.

C’est le cas par exemple de Revolution. Certes, les paroles sont les mêmes [1] que sur Revolution 1 présente sur le grand Blanc, mais Révolution, enregistrée six semaines après sa sœur du Blanc car les autres Beatles trouvaient la chanson de John trop calme pour un single, fait parti avec Helter Skelter des chansons les plus rageuses des quatre garçons qui ne nous avaient pas habitués à un gros son bien saturé comme celui ouvrant la Revolution.

C’est aussi le cas d’Across The Universe que l’on connaît de Let It Be. Cette version, la première parue, est sortie au compte de la fondation WWF dans un projet No One’s Gonna Change Our World en décembre 69. D’autres titres tels Old Brown Shoe (que l’on trouve aussi sur le bleu) ou The Ballad Of John And Yoko montrent bien que l’aventure Beatles s’achemine vers la fin. 1969, et la voix d’Harrison, qui trouvera bientôt avec All Things Mus Pass un écrin éternel, est ici au plus beau de sa forme. Comme les autres, il va bientôt vaquer à ses projets solos. Quant à la ballade, enregistrée par John et Paul seuls pendant que les autres vaquaient à leur vacances/film, elle illustre bien les tensions, l’urgence, qui existe à l’époque : pas le temps que les autres reviennent, on l’enregistre, et fissa, et on la sort. En A-Side, car John grogne que toutes ses chansons finissent en B-side….

Née dans l’ère du CD, c’est avec les Past Masters que ces titres compilés m’ont été transmis, et ces compilations occupe une place privilégié dans ma collection des œuvres des scarabés. L’énergie qui se dégage de ses singles (souvent il est vrai plus vifs que les albums) en font l’écoute un pur moment de bonheur… Le temps de se mettre dans la tête le final complètement tarré de You Know My Name enregistré en 1967, et sacrément retouché en deux ans plus tard…

Good evening and welcome to slaggers featuring Denis O’Bell
Come on Ringo, Let’s hear it for Denis O’Bell,
good evening
You know my name
Better look up the number
You know my name
(That’s right) look up the number
You you know you know my name
You you know you know my name
You know my name
Ba ba ba ba ba ba ba ba ba


[1] à part que dans cette version, postérieure à Revolution 1 Lennon est catégorique, il faut le compter « out »

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Tracklisting :
 
1. Day Tripper (2:46)
2. We Can Work It Out (2:13)
3. Paperback Writer (2:15)
4. Rain (2:58)
5. Lady Madonna (2:15)
6. The Inner Light (2:34)
7. Hey Jude (7:03)
8. Revolution (3:23)
9. Get Back (3:05)
10. Don’t Let Me Down (3:32)
11. The Ballad Of John And Yoko (2:57)
12. Old Brown Shoe (3:16)
13. Across The Universe (3:43)
14. Let It Be (4:01)
15. You Know My Name (Look Up The Number) (4:19)
 
Durée totale :51:00