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Pearl Jam - 20 years (II)

Pearl Jam - 20 years (II)

31 décembre 1991

par Brice Tollemer le 28 septembre 2010

Pearl Jam fête ses vingt ans d’existence. Pour célébrer ça, faisons un retour sur vingt concerts mémorables du groupe. Deuxième chapitre : un réveillon avec Eddie Vedder, Flea et Kurt Cobain, c’est un réveillon réussi.

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Ville  : Daly City, Californie
Salle  : Cow Palace
En première partie de : Red Hot Chili Peppers, Nirvana
Spectateurs  : 16 000
Setlist  : Once, Even Flow, Why Go, Jeremy, Alive, Leash, Porch

Le concert en streaming

1991 ou l’offensive du Général Grunge. En quelques mois, Seattle va passer de l’anonymat relatif à une surexposition médiatique complètement folle. Le 17 avril, Nirvana joue pour la première fois en concert « Smells Like Teen Spirit », le futur hymne de toute une génération. Mais c’est bien une lame de fond qui se met progressivement en place durant cette année 91. En début d’année, les Screaming Trees de Mark Lanegan sortent leur cinquième album, Uncle Anesthesia, produit notamment par Chris Cornell. Durant l’été, Mudhoney sort son troisième disque avec Every Good Boy Deserves Fudge. A l’automne, Soundgarden envoie son Badmotorfinger. A peine un mois avant, le Nevermind de Nirvana avait vu le jour dans un contexte surchauffé. Seattle est devenue la nouvelle capitale mondiale du rock. La même année, Douglas Coupland écrit son premier roman, Génération X, qui décrit les angoisses existentielles de cette tranche d’âge, née dans les années soixante, et qui met en avant une critique cynique de la société américaine de la fin du XXème siècle. La boucle est bouclée.

Enfin presque. N’oublions pas Mookie Blaylock. Pour eux aussi, les choses vont s’accélérer au cours de cette période. Au mois de mars ils décident de changer de nom et de s’appeler Pearl Jam. Simplement, sans aucune espèce d’explication alambiquée ou sophistiquée derrière ce nom. En avril, sort Temple Of The Dog, un projet auquel ils ont participé avec Chris Cornell et Matt Cameron de Soundgarden, pour un disque en hommage au regretté Andy Wood. Un mois plus tard, ils se séparent de leur batteur originel Dave Krusen et recrutent durant l’été Dave Abbruzzese. Enfin, le 27 août, Pearl Jam sort Ten. « Alive » en est le premier single. La machine est lancée. Le 16 octobre 1991, le groupe débute une tournée en compagnie des Red Hot Chili Peppers, des Smashing Pumpkins puis de Nirvana qui verra notamment Vedder lors d’un concert à San Diego grimper sur les spots de lumière à plus de dix mètres de haut. La spéciale Pearl Jam. Car la formation, qui joue en première partie, veut marquer les esprits en concert. Et c’est véritablement sur scène que Gossard, Ament, McCready, Abbruzzese et bien sûr Eddie Vedder vont tout envoyer. Une énergie éclatante et flamboyante. Comme lors du Nouvel An, du côté de Daly City en Californie. Une demi-heure seulement de show. Mais quel show. Devant plus de quinze mille personnes (une audience importante pour Pearl Jam à cette période), le groupe ouvre pour Nirvana et les Red Hot. Une célébration parfaite pour fêter la fin d’une des années les plus enthousiasmantes de l’histoire du rock. C’est dans cette salle du Cow Palace qu’il faut être pour être témoin de cette vague électrisante qui va tout ravager. « Once » ouvre les hostilités. Que de chemin parcouru en un an, depuis le premier concert à l’Off Ramp Café. Le premier titre est endiablé. Vedder chante quelques passages de « Waiting Room » de Fugazi avant « Even Flow ». Et ce sont les paroles de « Suggestion » qui précèdent « Why Go ». Toujours se souvenir de ses modèles. Toujours les avoir à l’esprit quand le succès commence à poindre le bout de son nez. L’intégration de Dave Abbruzzese est réussie. Son éviction trois ans plus tard le sera beaucoup moins. Vedder se jette complètement dans la foule sur « Alive » pour finir ensuite en transe à même le sol. Flea, le génial bassiste des Red Hot Chili Peppers, vient chanter durant « Leash », un titre qui figurera sur V.S., le deuxième album. Comme souvent, c’est une version débridée de « Porch » (avec un clin d’œil au groupe de Kurt Cobain en guise d’introduction) qui conclut ces trente minutes de dynamique pure, avec un Eddie Vedder qui s’en va grimper pendant de longues minutes à une sorte d’échelle à côté de la scène. Fou. « Je me rappelle après ce concert, dira plus tard Mike McCready, quelqu’un est venu en courant vers le bus et disait que Nirvana était devenu numéro 1 des ventes. Je me souviens avoir pensé “wow, ça y est maintenant.” Quelque chose avait changé. Nous avions quelque chose à prouver. Prouver que notre groupe était aussi bon que nous le pensions ».

( thanx to FiveHorizons & Pearljambootlegs )



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