Incontournables
Pink Flag

Pink Flag

Wire

par one minute in the dream world le 16 juin 2009

Paru en 1977 (EMI)

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Premier élément à prendre en compte : nous sommes en 77 lorsque parait ce Pink Flag, dont le contenu laisse augurer, de façon générale et dominante en ce qui concerne ce disque, l’appartenance de Wire à la vague punk dont l’envol a donc lieu, de surcroît, cette même année. Cependant, cet opus, si bon soit-il, ne peut résumer à lui seul le parcours et les orientations de la formation, ni même les préférences du public en termes d’albums. En effet lorsque l’on parle de Wire, nombreux sont ceux qui, dans leurs préférences en termes d’album, citent 154 ou Chairs Missing. Atypique dans la discographie du groupe, ce Pink Flag n’en est pas moins précurseur de ce que le groupe allait donner par la suite, mais aussi du mouvement « no future » et, si l’on pousse le raisonnement jusqu’à l’appliquer aux récentes années, à toute cette vague post-punk certes foisonnante, mais devant beaucoup au passé et donc à ce genre d’albums. Ici, Wire réalise la prouesse d’allier, et de faire cohabiter pour un résultat enthousiasmant et au delà de tout soupçon, punk juvénile, fonceur avant d’être réellement réfléchi, et orientations plus intellectualisées, jusque dans les textes, habiles, qui mêlent poésie, absurde et politique avec un certain bonheur.

Ce sont plus d’une vingtaine de bombes punky, brutes et directes, mais aussi et surtout pensées et jamais gratuitement puissantes, qui nous sont offertes ici. Et les tempos, variés, assurent à ce disque son statut d’incontournable, de pierre angulaire d’un style et d’une époque à l’influence plus que reconnue. Elastica, le groupe de Justine Frischmann, allant jusqu’à pomper le riff de Three Girl Rhumba sur son excellent premier album paru en 1995.

De mid-tempi alléchants (Ex Lion Tamer) en titres complètement débridés (Brazil), en passant par des morceaux plus nuancés, plus aérés et tout aussi puissants (Lowdown), Wire fait étalage d’un savoir-faire déjà renversant et écrase toute forme de concurrence. La diversité de son registre, de base certes punk, mais étoffé et étayé par des apports plus caractéristiques de la suite de la carrière du groupe, lui assure de surcroît l’enthousiasme de plusieurs communautés musicales dont le point commun ne réside pourtant pas, au départ, dans la proximité qu’ils revendiquent. Wire influencera d’ailleurs, et influence encore, des groupes « toutes chapelles confondues », de Ride à Radio 4, et même des courants allant de l’indie au grunge, ou de la noisy pop à la cold-wave, et ce d’autant plus que sur les albums suivants, ils brassera les styles et les sonorités avec une maîtrise et un sens de l’expérimentation qui, de façon quasi continuelle, engendrera un rendu en tous points convaincant.

Au milieu de cet allant punk, de cette énergie créatrice et à peine bridée, Wire a de plus l’intelligence d’imposer des plages plus détendues comme Fragile ou Mannequin et ses superbes chœurs. Et comme pour valider de façon définitive cette ingéniosité dans la composition, Colin Newman et ses acolytes nous régalent, sur les trois-quarts de ce disque, de riffs déments.

De Reuters au bouillonnant 1 2 X U, habilement tempéré et doté d’une basse rondelette, en conclusion, c’est bel et bien un classique que nous tenons là, fourni et concis, à s’envoyer sans modération aucune et dont l’écoute permet de comprendre qu’actuellement, tout ce qui peut sortir dans ce créneau n’est finalement que redite. Au contraire des derniers disques en date du groupe, comme Send et Object 47, dont l’excellence illustre cette idée de redite de la part des groupes tentant d’œuvrer dans un créneau similaire, et la capacité de Wire à se réinventer en restant dans une ligne de conduite qui n’est due qu’à lui, dans un format qu’il a lui-même créé et ne doit donc à personne d’autre. En attestent, entre autres, The Drill, sorti en 91 et qui usait de l’électronique avec bonheur et sans dénaturer l’univers, et plus simplement, une discographie exemplaire tant dans l’esprit que dans le contenu.



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Tracklisting :
 
1. Reuters (3:03)
2. Field Day for the Sundays (0:28)
3. Three Girl Rhumba (1:23)
4. Ex Lion Tamer (2:17)
5. Lowdown (2:26)
6. Start to Move (1:12)
7. Brazil (0:40)
8. It’s So Obvious (0:53)
9. Surgeon’s Girl (1:14)
10. Pink Flag (3:50)
11. The Commercial (0:49)
12. Straight Line (0:44)
13. 106 Beats That (1:12)
14. Mr. Suit (1:25)
15. Strange (3:58)
16. Fragile (1:18)
17. Mannequin (2:37)
18. Different to Me (0:43)
19. Champs (1:46)
20. Feeling Called Love (1:21)
21. 1 2 X U (1:55)
 
Durée totale : 35:37