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Révolution musicale : les années 67, 68, 69 de Penny Lane à Altamont

Révolution musicale : les années 67, 68, 69 de Penny Lane à Altamont

G. Ruffat, C. Archambaud et A. Le Bail

par Fino le 27 mai 2008

4,5

Paru en avril 2008 (Le Mot Et Le Reste)

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C’est avec un plaisir non dissimulé que l’on accueille l’excellent ouvrage de trois (ex) rédacteurs de nos colonnes, qui poursuivent avec brio le dossier dédié à l’année 1967 paru sur ce site (L’année 1967). Guillaume Ruffat, Cyrille Archambaud et Audrey Le Bail explorent la révolution musicale des années 1967, 1968 et 1969, riche de contenu et porteuse de toutes les légendes.

Pour ces trois années qui sont à la fois sans aucun doute les plus denses artistiquement mais aussi du point de vue de la culture rock, les trois auteurs se penchent de façon méticuleuse sur les dimensions multiples du changement qui s’opère alors. Des communautés hippies à la contre-culture new-yorkaise, de l’avènement populaire des protest songs à l’apparition du concept album, une première partie de l’ouvrage offre, de façon succincte, un éclairage documenté sur les innombrables facettes d’un époque souvent réduite à l’épisode de Woodstock. Si chaque piste n’est pas développée dans ses moindres ramifications, cela permet à la lecture de rester des plus aisées et de se laisser porter d’une passerelle à la suivante le plus naturellement du monde.

C’est sans doute là la première qualité majeure de cet ouvrage : on est ici bien loin des éternels pseudo-témoignages narcissiques qui visent à retranscrire l’atmosphère d’une époque. La légende est la plupart du temps mise de côté, pour s’en tenir à un véritable travail documenté qui adopte un point de vue historique et sociologique. Les faits mentionnés sont rigoureux, l’histoire racontée rend le tout passionnant sans artifices superflus.

La seconde partie vient enfin constituer un équivalent sérieux et complet aux innombrables listes et discothèques que Philippe Manœuvre, Rock&Folk, Les Inrocks et quelques autres surfant sur la vague publient à l’occasion. En trois années, quatre-vingt-dix albums sont présentés, critiqués, expliqués. Des incontournables à foison – époque oblige – tels que Sergent Pepper’s, The Doors ou Electric Ladyland, bien évidemment, mais le livre se défait assez librement des icônes de l’époque, commettant le sacrilège (irréparable pour beaucoup) d’oublier certains albums de ces monstres sacrés.

Cette petite centaine de fiches propose donc un coup d’œil avisé sur les grands classiques, mais il dévoile aussi de façon très large une véritable mine d’albums plus obscures, le tout présenté avec une qualité de synthèse réjouissante. On ne se mentira pas : les purs et durs n’apprendront rien de The Stooges, mais nombreux seront ceux qui (re)découvriront tel ou te détail, et qui sauteront sur la première occasion d’aller jeter une oreille au Bonzo Dog Doo-Dah Band ou à Quicksilver Messenger Service.

Le style des plus sobres et agréables fait de Révolution Musicale sans le moindre doute l’ouvrage de référence de la littérature rock disponible en français sur l’époque. Comblant enfin les lacunes de la plupart des « témoignages » journalistiques, nous faisant l’économie d’une mise en scène la plupart du temps insupportable des ersatz de Lester Bangs, l’ouvrage de G. Ruffat, C. Archambaud et A. Le Bail présente enfin un panorama sérieux et appliqué du moment, tout en nous faisant l’économie d’aller nous plonger dans les livres d’histoire culturelle les plus obscurs mais les plus poussés, et qui resteront l’étape suivante pour les plus acharnés.



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