Portraits
Story Leonard Cohen, Part One

Story Leonard Cohen, Part One

par Vyvy le 3 juin 2008

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Il existe plusieurs angles d’attaque, quand on cherche à relater la vie de Leonard Cohen. On peut le voir fuir de continent en continent, de chambres d’hôtel en chambre d’hôtel, dans ces lieux auxquels il s’identifie tellement qu’il s’écriera « I Am a Hotel » dans son court métrage de 1983. On peut le suivre de conquêtes amoureuses en déceptions, de femmes en femmes, d’une perfection à l’autre. On peut aussi le suivre de mentor en mentor. Rabbi Klein sera l’un des premiers d’une longue liste qui a commencé très tôt, lorsqu’en 1944 Nathan Cohen meurt.

La mort de son père, le jour de l’anniversaire de sa sœur, propulse Cohen hors de la norme, hors peut-être de l’enfance. Romancé dans The Favorite Game, cet épisode le voit devoir assumer le rôle du chef de famille, de la coupe du poulet dominical aux fêtes familiales. Le statut social de sa mère descend, l’argent aussi, et Leonard se retrouve de plus en plus dépendant de ses oncles. Ses relations avec sa famille paternelle, qui n’ont jamais vraiment accepté Nathan, resteront longtemps crispées. Leonard, lui, commence déjà à faire les choses à sa manière. Le jour de la mort du père, il fait son deuil à sa façon. Il écrit quelques lignes, un message, un poème, les insère dans la doublure d’une cravate de son père et va l’enterrer dans le jardin. La figure paternelle, celle du guerrier blessé et mort trop jeune, hantera Cohen, lui laissant un goût certain pour les armes, et les faits d’armes.

Les relations avec sa mère, très présente et un peu envahissante, poussent Leonard dehors. Dans ce parc qu’il déclare sien car personne ne le connaît ni ne l’aime mieux que lui ; ce parc où il regarde les nanny s’occuper des enfants, où il embrasse une voisine, où il rêvasse longtemps. A l’école, où Cohen est un bon mais pas exceptionnel élève. Là ou il brille, n’en déplaise l’image du poète tourmenté dont on aime l’affubler, c’est dans le sport, les activités extra-scolaires. Il fait du ski, du hockey, du foot, et quand il entre au lycée en 1948, il se passionne pour les clubs de débats et la représentation des élèves.

Vient alors le temps des découvertes qui façonneront le jeune homme. C’est, comme toute la communauté juive d’outre-Atlantique, en 1945, les premières images de la Shoah, qui marqueront profondément son œuvre poétique. C’est, en 1949, l’achat –après des essais au piano et à la clarinette peu fructueux- d’une guitare de seconde main, et l’apprentissage de cinq accords auprès d’un Espagnol amateur de flamenco qui se suicidera avant leur quatrième leçon. C’est, en 1949 toujours, la découverte de Lorca, dont l’œuvre va contribuer à l’ouvrir à l’art, un art ancré dans la vie, un art qui dit et agit. Et celle en 1950, lors d’un de ces summer camps nord-américains tellement différents de nos colos à nous, du mouvement folk américain, des Woody Guthrie et des Josh White, dans lequel il se plonge avec frénésie au travers du People’s Songbook où figure… The Partisan.

Et les femmes, me direz-vous ? Cohen grandit, et son attirance pour la gent féminine, pour l’observation de la Beauty at Close Quarters est bien là. Oui mais voilà, il grandit certes, mais pas beaucoup, et sa taille décidément petite est son plus grand obstacle dans ce domaine. Il pense un moment à des injections d’hormones. Il essaie à un bal de bourrer ses chaussures de Kleenex pour se donner quelques centimètres en plus. Et peu à peu apprend à vivre avec sa taille… Et à observer, et connaître les femmes. Mieux les connaître, les toucher, sera un des objets de son art, mais pour l’heure, Leonard s’adonne à l’hypnose, et arrive ainsi à hypnotiser et faire se déshabiller la bonne…



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Sources :
-* l’excellent site internet The Leonard Cohen Files
-* Gilles Tordjman, Leonard Cohen, Le Castor Astral, 2006.
-* Ira B. Nadel, Various Positions A Life of Leonard Cohen, University of Texas Press, réedition 2007 (Première édition 1996).