Portraits
Story Leonard Cohen, Part One

Story Leonard Cohen, Part One

par Vyvy le 3 juin 2008

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 McGill

Leonard Cohen entre à McGill à l’âge de 17 ans et en sortira quatre ans plus tard, en 1955. Ces années d’université au sein de la prestigieuse et anglophone McGill vont être formatrices pour Cohen, lui permettre de découvrir sa (une de ses) voie, et aussi un peu sa voix, au sein d’un groupe de Country-western, les Bucksin Boys.

Ces années d’université, où il est encore une fois plus remarqué pour ses activités extra-scolaires (et sa manière de rénover à coup d’alcool et de poésie la fraternité et l’association de débat dont il s’occupe) que pour sa présence en cours. Son diplôme, obtenu sans grâce, le sera aux rattrapages. Mais ce diplôme, c’est ce qu’il sentait devoir à sa famille, à Westmount. Une fois celui-ci en poche, Cohen va d’ailleurs déménager, ce qui n’améliorera pas ses relations avec sa mère et le reste de la famille. Mais Cohen se voit en semi-bohémien, vivant une vie de liberté, mais consacrée a la poésie, qu’il découvre en tant qu’occupation et vocation à part entière au près des professeurs/mentors qu’il aura la chance de croiser dans les couloirs de McGill.

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Louis Dudek

Le premier, Louis Dudek. Louis Dudek, après avoir lu sans grand intérêt des poèmes de Cohen qu’il trouvait assez faibles, tombe sur Sparrow. Et là, il entraîne le jeune homme dehors et l’adoube poète avec les moyens du bord. Via Dudek, Leonard Cohen entre dans le monde alors en mutation de la poésie canadienne.

A McGill, ce beau monde qui croit en Ezra Pound, en la modernité, refuse l’image du poète canadien, décrivant sirupeusement un érable venu l’automne, et publie une revue, CIV/N , qui a un impact digne des revues d’art underground, c’est-à-dire infime. Ce beau monde a toutefois le mérite d’exister, de socialiser, dans des réunions mythiques, où l’on détruit et loue les poèmes des uns et des autres, à grand renfort de whisky, et de plus en plus, d’autres aides à l’écriture.

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Irving Layton en 1954

C’est au travers de ce journal que Cohen va publier ses premières œuvres, et au travers de ce groupe qu’il rencontre le grand Irving Layton. Layton est alors, et le restera, une icône des plus sulfureuses. Layton est juif, et sa poésie parle d’holocauste. Dans une société conservatrice et dans un Montréal bourgeois, Layton vante la femme, les femmes, la libération des mœurs. Il lie le poète à la classe ouvrière, écrivant pour le peuple, non pour ses pairs, et dans un parallèle intéressant avec Vanevar Bush, il milite pour que les poètes soient reconnu d’utilité publique et soutenus (financièrement notamment) par les autorités. Enfin, dans les oreilles du jeune Cohen, il chante que la poésie est une affaire sérieuse, à laquelle il faut se consacrer à plein temps, et que le bon poète cherche toujours de nouvelles expériences.



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Sources :
-* l’excellent site internet The Leonard Cohen Files
-* Gilles Tordjman, Leonard Cohen, Le Castor Astral, 2006.
-* Ira B. Nadel, Various Positions A Life of Leonard Cohen, University of Texas Press, réedition 2007 (Première édition 1996).