Portraits
Story Leonard Cohen, Part One

Story Leonard Cohen, Part One

par Vyvy le 3 juin 2008

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 Hydra - You can’t live anywhere else on the world, including Hydra

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Cohen arrive à Hydra

Hydra est, au même titre que Montréal, un endroit formateur et chéri par Cohen. Pendant sept ans il va y habiter, au moins une partie de l’année, d’abord chez des amis, puis dans sa propre maison, une grande maison à trois étages avec vue sur le port, sans eau ni électricité. L’achat de cette maison pour 1500$ est, selon ses dires, une des meilleures actions de sa vie, et la maison aux murs de chaux blancs et à la vue sur le port est toujours en sa possession. Hydra, c’est, lorsqu’il arrive en 1960, une île qui commence à se faire connaître mais qui reste très simple, remplie de pauvres artistes qui viennent ici se dorer la pilule pour peu cher. Pour Cohen, l’environnement est idéal ; loin du dépaysement attendu, il se sent chez lui, se trouve enfin ( « I felt that everywhere else I’d been was culture shock, and this was home” - J’avais le sentiment que tous les autres endroits où j’avais été avient été des choc culturels, qu’ici, c’était chez moi. ») . Le matin, il écrit, le midi il nage puis mange et le soir, au fond d’une épicerie, sur quelques tables de bois, se tiennent des salons littéraires épiques, et chez les artistes locaux s’enchaînent bronzages intégrals, infidélités et sourires de circonstance. L’ambiance plaît à Cohen et il va s’y faire de bons amis, comme l’australien George Johnston, romancier, Anthony Kingsmill, peintre et beau parleur, vivant au crochet de tout le monde, et y rencontrer une des femmes de sa vie, la blonde norvégienne Marianne Ihlen.

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Marianne et son mari

Marianne est alors jeune mariée, à Alex Jensen un romancier norvégien de talent. Ils ont un fils, aussi prénommé Alex, et forment aux yeux de Cohen une merveilleuse trinité, paroxysme de la beauté sauvage des artistes d’Hydra, qui dans leur grâce modeste accueillent le Canadien. Marianne et Alex, comme George Johnston et sa femme, et comme presque tous les couples d’Hydra, étaient voués à l’échec ; l’époque de renversement des structures sociales, la vie insulaire auxquels aucun n’est vraiment habitué, les longues absences d’un partenaire (pour vendre des tableaux, faire publier un livre, rapporter de l’argent) se montrent encore et encore trop fortes et les couples se trompent, se brisent, se reforment, changeant sous le beau soleil de Grèce.

Tout le monde s’intéresse à Marianne, que sa beauté nordique, sa modestie et sa gentillesse, ainsi que sa faculté à perdre la tête sous l’effet du vin, rendent irrésistible. Mais les autres femmes de l’île ne sont pas pour autant plus résistibles, et Alex quitte Marianne pour une journaliste américaine, la laissant sans grand sous avec son bébé sur l’île. C’est à ce moment que va commencer une relation très riche avec Cohen. Ils vont tout d’abord habiter ensemble, chez Alex puis dans la nouvelle maison de Cohen, et c’est graduellement qu’une longue histoire d’amour et un foyer vont se développer. Leonard et Marianne, tout les deux éduqués à l’ancienne, vont créer ensemble un foyer issu d’un mélange de respect, de courtoisie, avec un brin de folie et beaucoup d’amour, qui va se révéler plutôt propice à l’activité artistique de Cohen.



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Sources :
-* l’excellent site internet The Leonard Cohen Files
-* Gilles Tordjman, Leonard Cohen, Le Castor Astral, 2006.
-* Ira B. Nadel, Various Positions A Life of Leonard Cohen, University of Texas Press, réedition 2007 (Première édition 1996).